Apple a temporairement retiré Telegram de l’App Store sur iPhone et iPad lundi, estimant que l’application ne respectait pas ses règles concernant les contenus liés aux abus sexuels sur mineurs. Cette suppression a empêché les nouveaux téléchargements, sans affecter les utilisateurs déjà inscrits. Telegram a toutefois été réintégré dans la boutique quelques heures plus tard, après la suppression du contenu signalé et la fermeture du compte concerné, selon Apple.

Telegram explique qu’Apple avait identifié un seul utilisateur partageant des contenus illégaux, une situation qui aurait été traitée « immédiatement ». L’entreprise affirme avoir supprimé plus de 337 900 groupes et chaînes liés à des contenus pédocriminels depuis le début de l’année 2026. En 2025, elle indique avoir fermé 29 640 groupes et chaînes après des signalements d’organisations, dont le National Center for Missing & Exploited Children. Sur X, Telegram a ironisé sur cette suspension en déclarant que « les rumeurs de sa disparition étaient largement exagérées », tout en s’interrogeant sur l’application uniforme de cette politique à d’autres applications.
Cette décision a également suscité des réactions dans le secteur technologique. Tim Sweeney, fondateur d’Epic Games, estime que cet épisode illustre la nécessité d’une concurrence accrue dans la distribution des applications. Selon lui, Apple exerce un pouvoir trop important sur les développeurs en appliquant ses règles de manière arbitraire.
Cette affaire intervient alors que Telegram fait déjà l’objet d’une surveillance renforcée dans plusieurs pays. En Russie, les autorités ont récemment mis en cause son directeur général, Pavel Durov, l’accusant de ne pas avoir supprimé des chaînes et des robots utilisés pour coordonner des actes terroristes, des accusations que la plateforme tourne en dérision. En Australie, le régulateur de la sécurité en ligne poursuit également Telegram, lui reprochant de ne pas retirer suffisamment rapidement des contenus extrémistes, notamment des vidéos d’attentats et d’exécutions attribuées à l’organisation État islamique. Telegram a annoncé qu’il contesterait cette procédure.
Pavel Durov, qui réside à Dubaï et possède les nationalités émirienne et française selon l’entreprise, avait déjà été arrêté en France en 2024 avant d’être mis en examen dans une affaire liée à l’utilisation abusive de la plateforme. Telegram rejette ces accusations, qu’elle juge infondées. Selon Forbes, la fortune de Pavel Durov est estimée à 6,6 milliards de dollars, ce qui le place parmi les plus grandes fortunes mondiales.